Que je méprise ces philosophes, qui, mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées, ne le font auteur que
d'un certain ordre général d'où le reste se développe comme il peut !
Écrivain suédois. Pour le théâtre, il a écrit Le jeu de la vérité, adaptation de son roman L'enfant brûlé. Il a également écrit L'arriviste, Le serpent et Le condamné à mort et un petit ouvrage au titre très significatif, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Arles, Actes sud, 1984). Traumatisé par la deuxième guerre mondiale, il subit l'influence de Franz Kafka. Il incarne un modèle de jeunesse d'après-guerre, révoltée et assoiffée de fraternité. Il est amateur de belles voitures, de cinéma, de sports et de jeu* à la roulette. Même si son suicide, survenu le 4 novembre 1954, paraît inattendu, maintes réflexions de sa part semblent l'annoncer. Ainsi, il écrit: «La dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou» (Notre besoin, p. 16); «Thoreau avait encore la forêt de Walden, mais où est maintenant la forêt où l'être humain puisse prouver qu'il est possible de vivre en liberté en dehors des formes de la société» (p. 19). Dans le programme du Condamné à mort, 1947, on peut lire: «Lorsque j'ai écrit ce drame, le condamné à mort, c'était naturellement moi, c'est pour cette raison que je l'ai écrit. Ce n'est que par la suite qu'il est devenu quelqu'un d'autre [...] il devint évident qu'il existait des gens qui étaient encore plus condamnés à mort que l'auteur [...]. Autant de gens qui avaient reçu tellement de leçons dans l'art de mourir qu'ils ne savaient plus vivre» (cité par M. Chabot, «Stig Dagerman ou les brûlures de l'être», dans En finir avec soi. Les voix du suicide